Journée d’études : L’éducation aux médias et ses parties prenantes. Les ressources pédagogiques comme espace de dialogue interprofessionnel (Liège, Mai 2026)

Transdisciplinaire, construite au croisement des perspectives de l’institution, de la recherche et du terrain, l’éducation aux médias apparaît comme un lieu privilégié d’interprofessionnalité, notamment en raison des compétences plurielles qu’elle suppose. Une diversité d’acteurs (professeurs, formateurs, journalistes, scientifiques, artistes, etc.) s’y saisit d’objets communs en apportant leur expertise, leur expérience, leur regard. Comme éducation à, l’éducation aux médias est d’ailleurs plus thématique que disciplinaire; elle se caractérise ainsi par sa transversalité, son lien à l’actualité des pratiques et aux questions socialement vives. Rassemblant des représentants d’organismes institutionnels et des formateurs de l’éducation permanente (CSEM, Média Animation, C-Page), des enseignantes et enseignants (des cycles supérieur et secondaire) ainsi que des chercheurs et chercheuses travaillant sur les pratiques d’éducation aux médias en Fédération Wallonie-Bruxelles, en France, en Allemagne et aux États-Unis, la journée d’études a permis une mise en perspective des collaborations et partenariats par lesquels se déploient les activités en éducation aux médias, en prenant pour observables les ressources éducatives comme objet commun.

Lien vers le texte de l’événement

  • Introduction

    La journée d’étude « L’éducation aux médias et ses parties prenantes » (ULiège, 21 mai 2026) s’est donné pour projet de croiser deux problématiques : d’une part, celle de l’interprofessionnalité dans le domaine de l’éducation aux médias, compte tenu d’un contexte institutionnel où les enseignants sont incités à développer des partenariats avec des opérateurs culturels et médiatiques ; d’autre part, celle des ressources pédagogiques comme objet de recherche et de questionnement, à partir duquel observer cette dimension interprofessionnelle.

    Par Ingrid Mayeur & Élise Schürgers

  • Les acteurs de l’éducation aux médias en France et en Allemagne : une approche comparative

    Etude de cas sur la désinformation

    Cette communication s’appuie sur les résultats d’une recherche doctorale menée entre 2016 et 2020 (Bosler, 2020), réactualisée en 2025, pour s’interroger sur les acteurs de l’éducation aux médias en France et en Allemagne qui contribuent à en dessiner les contours, mais également à la concrétiser sous la forme de ressources à destination des enseignants.

    Par Sabine Bosler

  • Prendre part sans rendre compte : discrétion et opportunité comme modalités d’un investissement singulier en éducation aux médias

    Cette communication aborde l’éducation aux médias telle qu’elle est envisagée par ses acteurs, à partir de l’analyse thématique d’entretiens semi-directifs. Revendiquée comme adisciplinaire et collective, elle est plutôt le territoire d’une pratique individuelle discrète qui permet d’échapper ponctuellement au cadre institutionnel tout en donnant l’opportunité d’exercer son expertise professionnelle, entre autres par la création de ses propres ressources pédagogiques. Seul l’axe pédagogique est investi, ce qui questionne l’acquisition des apprentissages visés.

    Par Florence Michaux-Colin

  • Des outils d’EAM pour l’école et pour les citoyens

    Pourquoi et comment l’association Média Animation structure-t-elle sa production d’outils pour différents contextes ?

    La communication a pour objectif de resituer la production de ressources de l’association dans son contexte institutionnel : en quoi ses reconnaissances poussent-elles l’association à produire des ressources ? Mais aussi dans son contexte d’intervention : comment le terrain alimente-t-il l’agenda de publication ? L’enjeu est de préciser que la production d’outils pédagogiques naît d’un contexte de reconnaissance par la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), qui « cadre » ce qu’est une ressource pédagogique. À cela s’ajoute l’impératif économique : toute ressource doit répondre à la question de son financement (temps de travail, production graphique, impression). Ces enjeux, situés en amont de la production d’outils, ne doivent pas être négligés. Média Animation travaille uniquement avec des publics adultes ; ses outils s’inscrivent soit dans le cadre de l’éducation permanente, soit dans celui du centre de ressources (décret du 16/05/2024 relatif à l’éducation aux médias).

    Par Martin Culot

  • Navigating the Information Landscape: A Comparative Analysis of Media, Information, News, and AI Literacy Frameworks

    The digital revolution has produced a proliferation of literacy frameworks designed to equip citizens for an increasingly complex information environment. This essay examines four such frameworks: media literacy, information literacy, news literacy, and artificial intelligence (AI) literacy; tracing their shared roots in foundational conceptions of literacy while mapping the significant conceptual and pedagogical differences that distinguish them. Drawing on key theoretical sources, including the Media Education Lab, UNESCO's Media and Information Literacy (MIL) framework, the News Literacy Project, and the Association of College and Research Libraries (ACRL), the essay argues that while these frameworks share a commitment to critical thinking, ethical use of information, and civic empowerment, they diverge substantially in scope, methodology, and epistemological orientation. In particular, the essay highlights the critical distinction between news literacy's emphasis on journalistic verification and fact-checking, and the broader contextual and ideological analysis characteristic of media and information literacy. The essay concludes that an integrated, complementary approach is essential for 21st-century education.

    Par Yonty Friesem

  • Faire ensemble : les ressources pédagogiques en EAM comme dispositifs d’interprofessionnalité

    Le Conseil Supérieur de l’éducation aux médias (CSEM) constitue un espace d’interprofessionnalité en réunissant des représentants de l’enseignement, de l’éducation permanente, des médias, de la culture, de la recherche et des pouvoirs publics. Son fonctionnement repose sur des groupes de travail qui favorisent la coordination des acteurs et la production collective de ressources. Ainsi, les expertises se croisent afin de construire des outils adaptés à différents publics.

    Par Sébastien Grau

  • Sensibilisation et transmission

    Les pratiques interdisciplinaires de création de jeu vidéo chez l’ASBL C-Paje au prisme de l’éducation aux médias

    Comment faire comprendre aux jeunes que les jeux vidéo qu'ils connaissent (Fortnite, Red Dead Redemption 2...) ne sont pas représentatifs de l'intégralité de la création vidéoludique sans les délégitimer ? Ce billet présente la méthodologie et les outils mis en place par l'ASBL C-Paje dans le cadre de quatre ateliers de création de jeux vidéo, ayant abouti à 6 œuvres issues du moteur Construct 3. Loin de se limiter au codage, le dispositif compte des séquences de sensibilisation aux problématiques et métiers du jeu vidéo, une répartition des tâches et une pleine confiance en la littératie médiatique des jeunes participants.

    Par Boris Krywicki

  • Les journalistes dans l’éducation aux médias en Belgique francophone

    Pratiques, motivations, ressources pédagogiques et identité professionnelle

    Cette intervention porte sur la place des journalistes professionnels dans l’éducation aux médias et à l’information (EMI) en Belgique francophone. Elle part d’un constat simple : les journalistes interviennent depuis longtemps dans des dispositifs d’éducation aux médias, notamment à travers des opérations comme « Journalistes en classe », mais leur rôle reste relativement peu documenté par la recherche.

    Par David Leloup

  • Former à la critique de l’information pour dépasser le cadre scolaire

    S’il n’est plus à démontrer que l’éducation aux médias et à la critique de l’information est devenue une préoccupation importante pour l’enseignement, il semble intéressant de questionner la pertinence des initiatives éducatives au regard des pratiques réelles des jeunes. Ces initiatives, portées par différents acteurs, visent à développer l’esprit critique des jeunes face aux contenus médiatiques qu’ils consultent, majoritairement sur les réseaux sociaux (Média animation & CSEM, 2024). Le véritable enjeu est de transférer la démarche critique apprise (Pasquinelli et al., 2021) dans le cadre scolaire dans les pratiques médiatiques numériques ordinaires des jeunes.

    Par Louis Liégeois

  • Partenariats interprofessionnels et lutte contre les fake news

    Étude de cas à partir d’un dossier de ressources de la plateforme e-classe

    Cette intervention s’est intéressée à la manière dont une plateforme destinée à la communauté éducative belge francophone, e-classe, opère, par sa matérialité même, une mise en relation entre différentes sphères professionnelles. Pour ce faire, nous avons réalisé une étude de cas portant sur un dossier de ressources, le dossier « Fake news », en nous concentrant sur les archives de l’audiovisuel public belge (RTBF-Sonuma) mises au service de l’éducation aux médias dans ce cadre.

    Par Ingrid Mayeur & Elise Schürgers

  • Entre coopération et cadrage : chercheurs et praticiens de l’EMI face aux dispositifs internationaux

    Depuis les années 1980, l’éducation aux médias, puis à l’information (EMI), s’est constituée à l’intersection de trois pôles : pratiques éducatives formelles et non formelles, recherches pluridisciplinaires et politiques publiques nationales et internationales. Progressivement, ce champ a été reconfiguré par des organisations comme l’UNESCO, le Conseil de l’Europe ou la Commission européenne, qui produisent référentiels de compétences, des recommandations et des cadres normatifs. Ces cadres internationaux structurent les attentes en matière de dispositifs pédagogiques, de méthodes d’évaluation et de partenariats interprofessionnels. Dans ce contexte, une question traverse les collaborations entre institutions et milieux académiques : que font ces cadrages institutionnels aux relations entre chercheurs et praticiens de l’EMI ?

    Par Aude Seurrat