Poétique et rhétorique : formats et usages pour l’éducation aux médias

Une conférence de Marie-Ève Thérenty (U. Montpellier) et Emmanuelle Danblon (U. Bruxelles), dans le cadre du cycle « Que veut (et que peut) encore l’éducation aux médias ? ».

24 février 2022

L’extrémisme, le numérique et le théâtre : éclairages discursifs

À l’invitation du Théâtre de Liège, j’ai participé, avec Geoffrey Grandjean (ULiège) et Vincent Aerts (ULiège), à l’animation d’une séance de « Réflexions partagées » à destination d’un public d’enseignant·es. Le service pédagogique du théâtre propose en effet aux écoles de préparer la discussion du spectacle avec les élèves par un échange autour des problématiques traitées. Le spectacle concerné s’intitule Extreme/Malecane, mis en scène par Paola Pisciottano et aborde la question de la banalisation des idées extrémistes. Mon intervention a notamment porté sur la définition de ce qu’on appelle un « discours extrême » et sur les affinités supposées entre ce type de discours et les médias numériques.

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« Transparence » et « bidouillage » : comment entrer à l’intérieur d’un média ? Le cas des réseaux sociaux et des jeux vidéo

Cette séance pose la question de l’éventuelle portée critique d’une réflexivité de l’usager sur les médias numériques. Depuis les années 1970 (et notamment l’émergence de la vidéo amateur), le rapport émancipatoire aux médias s’est fondé en effet sur la croyance selon laquelle une « prise en main » de l’intérieur, par les usagers eux-mêmes, favoriserait leur compréhension des dispositifs médiatiques, les affranchirait des normes dictées par les usages « professionnels » et « industriels » de ces dispositifs, et répondrait à leur insatisfaction à l’égard des productions auxquelles correspondent ces usages « professionnels » et « industriels ». Chacun à sa manière, les deux intervenants nous invitent à déstabiliser cette croyance, en montrant que la vertu critique attendue d’une pratique réflexive des médias n’est peut-être pas si évidente, ou en tout cas n’est pas forcément là où on l’attendrait. Cette problématique générale est déclinée sur deux objets différents, qui mettent chacun en lumière deux modalités de la réflexivité : Jan Teurlings évoque les politiques dites de « transparence » adoptées par les réseaux sociaux numériques ; Pierre-Yves Hurel envisage quant à lui les communautés de créateurs de jeux vidéo amateurs, à travers leur imaginaire et leurs pratiques de « bidouillage ».

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